Prévention et lutte contre les violences basées sur le genre
Près d’une femme camerounaise sur deux a été victime de violences physiques ou sexuelles. Nous œuvrons pour prévenir ces violences et pour veiller à ce que les femmes et les filles qui y ont survécu puissent trouver la sécurité, bénéficier d’une prise en charge et obtenir justice.
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Femmes camerounaises ayant subi des violences physiques ou sexuelles (EDS)
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Centre de sensibilisation et d'accompagnement des survivantes : objectif de première année, pas encore ouvert
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Services connectés que le programme est conçu pour offrir
Le défi
Très répandu, et largement invisible
Les violences basées sur le genre figurent parmi les défis de développement les plus répandus et les moins visibles au Cameroun. Les résultats de l'Enquête démographique et de santé indiquent que près d'une femme camerounaise sur deux a été victime de violences physiques ou sexuelles. Les violences conjugales représentent une part importante de ces cas, et les mariages précoces et forcés restent courants dans certaines régions du pays.
Pourtant, la grande majorité des incidents ne figure jamais dans aucun registre officiel. Il est essentiel de bien comprendre l’écart entre ces deux réalités pour pouvoir réagir de manière adéquate — car cela montre que l’obstacle réside rarement dans la sensibilisation. Il s’agit plutôt d’une question d’accès.
Pourquoi les survivantes n'osent-elles pas se manifester ?
- La stigmatisation, ainsi que la crainte d'être blâmé ou tenu pour responsable d'avoir porté atteinte à la réputation d'une famille.
- La dépendance économique vis-à-vis de l'auteur des violences, en particulier lorsqu'une femme ne dispose d'aucun revenu propre et a des enfants à charge.
- Distance et frais de transport : un établissement de santé ou un poste de police situé à plusieurs heures de route est, dans les faits, inaccessible.
- Les coûts directs, notamment les certificats médicaux, qui rendent les procédures juridiques officielles inaccessibles.
- Un faible sentiment de confiance quant à l’efficacité des signalements, renforcé par des cas qui n’ont abouti à rien.
- La crainte de représailles, notamment lorsque les survivantes ne peuvent pas déménager.
Ce que nous faisons
Sept services coordonnés, car une survivante qui bénéficie d’une aide dans un domaine mais qui est laissée pour compte dans un autre reste en situation de vulnérabilité.
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Des espaces sûrs pour les survivantes
Des espaces dédiés et confidentiels où les femmes et les jeunes filles peuvent s'exprimer sans craindre d'être entendues, rencontrer d'autres personnes et bénéficier de l'aide de leur choix.
02
Accompagnement psychosocial et conseil
Un accompagnement professionnel destiné aux survivantes et à leurs enfants, dispensé selon des principes centrés sur la survivante : confidentialité, sécurité, respect et non-discrimination.
03
Aide juridique et sensibilisation aux droits
Des conseils pratiques sur les droits prévus par la législation camerounaise, une aide pour l'obtention de certificats médicaux et de documents, ainsi qu'une orientation vers une assistance juridique.
04
Gestion de cas et circuits d'orientation
Une carte détaillée indiquant les lieux où une survivante peut bénéficier de soins médicaux, d’un accompagnement psychosocial, de conseils juridiques et d’une protection, avec des procédures convenues pour passer de l’un à l’autre.
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Sensibilisation de la communauté aux normes de genre
Dialogue avec les communautés, les autorités traditionnelles et les chefs religieux sur les normes qui légitiment la violence, et sur les changements qui s'ensuivent lorsque ces normes évoluent.
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Impliquer les hommes et les garçons en tant qu’alliés
Les programmes qui impliquent directement les hommes et les garçons permettent de constater plus clairement une évolution des normes que ceux qui s'adressent uniquement aux femmes, car ces normes sont partagées par l'ensemble de la communauté.
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Réinsertion économique des survivantes
Formation professionnelle, adhésion à un groupe d’épargne et accompagnement à la création d’entreprise, afin que le fait de sortir d’une situation de violence ne soit pas synonyme de précarité.
Qui nous servons
À qui s'adresse ce programme ?
La priorité est accordée aux personnes qui disposent du moins d’alternatives — les femmes dont la situation économique, le lieu de résidence ou le statut les rendent les moins à même de se procurer de l’aide par elles-mêmes.
- Les femmes et les filles exposées au risque de violences basées sur le genre ou victimes de celles-ci
- Les survivantes à la recherche d'un accompagnement médical, psychosocial, juridique ou en matière de sécurité
- Les mères célibataires et les femmes chefs de famille seules
- Jeunes femmes et adolescentes
- Les filles issues de communautés rurales et défavorisées
- Les femmes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et les femmes des communautés d'accueil
- Les femmes en situation de handicap, qui se heurtent à des obstacles multiples pour accéder à tous les services
Notre approche
L’ensemble des programmes de lutte contre la violence sexiste respecte les normes internationales reconnues. Il ne s’agit pas d’une simple formalité : une approche centrée sur la survivante signifie que c’est la survivante qui décide de la suite des événements ; faire pression sur quelqu’un pour qu’il porte plainte ou divulguer sa situation sans son consentement cause un préjudice réel et dissuade d’autres personnes de se manifester.
- Lignes directrices de l'IASC sur les violences basées sur le genre
- Norme humanitaire fondamentale
- Ne pas nuire
- PEAS — obligatoire pour l'ensemble du personnel, des bénévoles et des partenaires
- CEDAW
- Protocole de Maputo
- Mécanisme confidentiel de redevabilité et de signalement au sein de la communauté
Nos objectifs
Objectifs issus de notre cadre organisationnel, avec l'horizon sur lequel nous rendrons compte des progrès.
- 1re année Mettre en place un centre de sensibilisation à la violence sexiste et d'accompagnement des survivantes, destiné aux femmes et aux jeunes filles.
- 1re année Réaliser des évaluations participatives des besoins dans au moins cinq communautés cibles des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
- Années 2 et 3 Mettre en place des circuits d'orientation efficaces en matière de violences sexistes, permettant de mettre les survivantes en relation avec des services de santé, d'aide juridique et de soutien psychosocial.
- Années 2 et 3 Publier des travaux de recherche ou des rapports de plaidoyer sur les violences basées sur le genre au Cameroun.
- De la 4e à la 7e année Obtenir des progrès mesurables en matière de sensibilisation à la violence sexiste, d’accompagnement des survivantes et de taux de signalement au sein des communautés cibles.
- De la 4e à la 7e année Influencer la politique nationale en matière de violences basées sur le genre par le biais d’actions de plaidoyer fondées sur des données factuelles.
Aidez-nous à atteindre les femmes qui ne peuvent pas nous joindre
Un espace sûr, un conseiller, le transport vers une clinique, un certificat médical… Les obstacles sont d’ordre pratique, tout comme les solutions.