Une membre de l'équipe de la Fondation s'adresse au public au micro, dans la salle du Centre de jeunesse

Santé et droits sexuels et reproductifs (SDSR)

Chaque femme et chaque fille a le droit de décider librement de son corps, de sa santé et de son avenir. Notre nouveau pilier vise à offrir aux femmes, aux filles et aux adolescentes une information fiable, un accès aux services de santé et une protection contre les violences et les pratiques néfastes.

467

Décès liés à la grossesse pour 100 000 naissances au Cameroun (EDS 2018)

Plus d'1 sur 3

Femmes de 25 à 49 ans mariées avant l'âge de 18 ans (EDS 2018)

23 %

Femmes mariées ayant un besoin non satisfait en planification familiale (EDS 2018)

Le défi

Des droits sur le papier, des obstacles dans les faits

La santé et les droits sexuels et reproductifs comptent parmi les priorités les plus essentielles, et les moins financées, pour les femmes et les filles au Cameroun. Les engagements nationaux et internationaux existent, mais beaucoup de femmes et de filles ne peuvent toujours pas obtenir une information fiable, atteindre à temps un service de santé ou décider de leur propre corps sans pression.

  • L'Enquête démographique et de santé de 2018 a enregistré 467 décès liés à la grossesse pour 100 000 naissances.
  • Une jeune femme de 15 à 19 ans sur quatre (24 %) était déjà mère ou enceinte de son premier enfant.
  • 23 % des femmes mariées avaient un besoin non satisfait en planification familiale : elles souhaitaient éviter ou retarder une grossesse sans utiliser de contraception.
  • La prévalence du VIH était plus élevée chez les femmes de 15 à 49 ans (3,4 %) que chez les hommes (1,9 %).
  • 13 % des femmes de 15 à 49 ans avaient subi des violences sexuelles, et plus d'une femme de 25 à 49 ans sur trois avait été mariée avant 18 ans.

Les mutilations génitales féminines sont rares à l'échelle du Cameroun, mais persistent dans certaines communautés. La prise en charge après un viol, notamment la contraception d'urgence et la prophylaxie post-exposition au VIH, qui doivent être administrées dans les 72 heures, reste souvent hors de portée en zone rurale.

Nos six piliers existants en rencontrent déjà les conséquences : survivantes de violences ayant besoin de soins après un viol, filles qui quittent l'école parce qu'elles sont enceintes, mères sans accès à la planification familiale, hygiène menstruelle à l'école. La SDSR apporte à ces besoins une réponse dédiée.

Source : Enquête démographique et de santé du Cameroun 2018, rapport de synthèse (Institut national de la statistique et ICF).

Ce que nous faisons

Six domaines d'action, chacun relié aux piliers qui touchent déjà les mêmes femmes et les mêmes filles.

01

Santé maternelle et maternité sans risque

Encourager les femmes enceintes à effectuer au moins quatre consultations prénatales et à accoucher avec un personnel qualifié ; éducation aux soins postnatals et à la nutrition ; circuits d'orientation de la communauté vers les formations sanitaires en cas d'urgence obstétricale ; formation des accoucheuses traditionnelles à l'hygiène, aux pratiques sûres et aux signes de danger.

02

Planification familiale et contraception

Information des communautés sur les méthodes modernes légalement disponibles au Cameroun ; dialogues pour lever les idées reçues et la stigmatisation ; implication des hommes et des garçons dans une responsabilité partagée ; orientation des femmes vers les services de planification familiale, y compris après l'accouchement, pour que chacune choisisse librement le nombre de ses enfants et l'espacement des naissances.

03

Santé sexuelle et reproductive des adolescents

Éducation adaptée à l'âge et fondée sur les droits pour les adolescents de 10 à 19 ans, à l'école et dans les communautés ; pairs éducateurs formés ; compétences de vie pour les filles ; espaces sûrs pour poser des questions sans être jugées ; contenus fiables et sans tabou sur les réseaux sociaux de la fondatrice ; soutien aux adolescentes enceintes pour qu'elles restent scolarisées.

04

Prise en charge après un viol et réponse aux violences sexuelles

Faire en sorte que les survivantes accèdent à des soins d'urgence dans les 72 heures, notamment la contraception d'urgence et la prophylaxie post-exposition au VIH lorsqu'elles sont disponibles ; former le personnel de santé, les enseignants et les responsables communautaires à repérer et orienter les cas ; soutien psychosocial ; campagnes qui présentent les violences sexuelles comme un crime, et non comme une affaire privée.

05

Prévention du VIH et des IST

Campagnes de prévention destinées aux jeunes femmes de 15 à 24 ans ; promotion du préservatif dans les formations sanitaires et les points de sensibilisation ; incitation au dépistage volontaire du VIH ; information sur la prévention de la transmission de la mère à l'enfant ; éducation aux infections sexuellement transmissibles ; lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

06

Mettre fin aux MGF et aux mariages d'enfants

Campagnes communautaires menées avec les chefs traditionnels et religieux comme alliés ; information sur les conséquences des MGF pour la santé ; promotion de l'éducation des filles comme meilleur investissement pour leur avenir ; information sur les lois camerounaises qui protègent les filles ; soutien aux survivantes ; documentation des cas pour le plaidoyer.

Qui nous servons

À qui s'adresse ce programme ?

Chacun a droit à une vie sexuelle et reproductive sûre et saine, quels que soient son âge, sa situation matrimoniale, son milieu social ou son lieu de vie. La priorité va à celles et ceux qui ont le moins accès à l'information et aux services.

  • Adolescentes et jeunes femmes de 10 à 24 ans
  • Femmes enceintes et jeunes mères, en particulier en milieu rural
  • Survivantes de violences sexuelles
  • Filles exposées au mariage précoce ou aux MGF
  • Jeunes femmes vivant avec le VIH
  • Femmes et filles déplacées par la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest
  • Hommes et garçons, en tant que partenaires d'une responsabilité partagée

Notre approche

Toutes les activités SDSR respectent la loi camerounaise et les valeurs des communautés, sans porter atteinte aux droits ni à la dignité des femmes et des filles. L'information est fiable et adaptée à l'âge, le consentement et la confidentialité sont absolus, et la Fondation oriente vers des professionnels de santé qualifiés plutôt que de dispenser elle-même des soins.

  • Programme d'action de la CIPD
  • CEDAW, articles 10, 12 et 16
  • Protocole de Maputo, article 14
  • ODD 3 — cibles 3.1, 3.3 et 3.7
  • ODD 5 — cible 5.6
  • Normes de l'OMS pour les soins maternels et néonatals
  • Dispositif minimum d'urgence (DMU) de l'UNFPA
  • Politique nationale de santé de la reproduction du Cameroun
  • Ne pas nuire et protection — obligatoires pour l'ensemble du personnel et des bénévoles

Nos objectifs

Objectifs issus de notre cadre organisationnel, avec l'horizon sur lequel nous rendrons compte des progrès.

  • 1re année Former 30 agents de santé communautaires comme relais SDSR et 50 adolescents comme pairs éducateurs dans les écoles cibles.
  • 1re année Organiser des séances de sensibilisation SDSR dans 10 communautés, toucher 500 femmes et filles en présentiel et conclure des accords d'orientation avec au moins 3 formations sanitaires.
  • 1re année Orienter 100 femmes enceintes vers les consultations prénatales, aider 30 survivantes de violences sexuelles à accéder aux soins dans les 72 heures et tenir 5 dialogues communautaires sur les MGF et le mariage d'enfants.
  • 1re année Produire un guide communautaire SDSR en anglais et en français.
  • 2e année Étendre l'action SDSR à 20 communautés, toucher 1 500 femmes et filles en présentiel, orienter 300 femmes enceintes vers les consultations prénatales et l'accouchement assisté, et aider 80 survivantes à accéder aux soins.
  • 2e année Viser une baisse de 30 % des grossesses précoces dans 5 écoles cibles et publier un rapport sur les grossesses chez les adolescentes.
  • 3e année Maintenir au moins 80 relais SDSR actifs, toucher au moins 2 000 femmes et filles par an, orienter 500 femmes enceintes vers les services de santé maternelle et aider au moins 100 survivantes par an.
  • 3e année Documenter l'évolution des MGF et du mariage d'enfants dans 10 communautés, mobiliser au moins 2 ministères sur la politique SDSR et publier un rapport d'impact SDSR sur trois ans.

Liens

Comment la SDSR renforce les six autres piliers

PilierPoint de rencontre avec la SDSR
Prévention et lutte contre les VBGSoins après un viol, contraception d'urgence et prophylaxie post-exposition au VIH pour les survivantes ; soutien psychosocial.
Éducation de la jeune filleÉducation sexuelle à l'école, pairs éducateurs et soutien aux adolescentes enceintes pour qu'elles restent scolarisées.
Eau, assainissement et hygièneHygiène menstruelle, et hygiène indispensable aux accouchements sûrs et aux soins du nouveau-né.
Moyens de subsistance des femmesLes groupes d'épargne comme lieux de confiance pour l'information SDSR ; une planification familiale qui permet aux femmes d'investir dans leur avenir.
Environnement et climatLes déplacements accroissent le risque de violences et réduisent l'accès aux soins maternels ; l'action SDSR répond aux deux.
Plaidoyer et rechercheLes données sur les grossesses précoces, les MGF, la santé maternelle et le VIH nourrissent notre travail de plaidoyer.

Budget

Ce que coûterait sa mise en œuvre

Notre budget annuel indicatif pour le pilier SDSR s'élève à 34 000 000 FCFA (environ 56 700 USD). Il s'agit d'une estimation et non d'un financement acquis : il sera affiné au moyen d'évaluations des besoins, en fonction des communautés concernées et des échanges avec les bailleurs.

Budget annuel indicatif (FCFA)
DomaineCoût annuel estimé
Santé maternelle et maternité sans risque4 500 000
Planification familiale et contraception3 000 000
Santé sexuelle et reproductive des adolescents5 000 000
Soins après un viol et liens avec la lutte contre les VBG4 000 000
Prévention du VIH et des IST3 500 000
Fin des MGF et des mariages d'enfants3 000 000
Personnel et coordination SDSR6 000 000
Recherche, plaidoyer et supports d'information3 000 000
Suivi, évaluation et apprentissage2 000 000
Total34 000 000

Aidez une femme à décider de son avenir

Une information dans sa langue, une orientation vers une sage-femme, une survivante soignée dans les 72 heures. De petits gestes concrets qui changent la suite.